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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

Toussaint 2017

Saint Génix, le 1er novembre 2017

Homélie de la Toussaint (Année A)

(Ap 7,2-4.9-14 ; Ps 23 (24) ; 1 Jn 3,1-3 ; Mt 5,1-12a)

La fête de la Toussaint invite le chrétien à méditer sur deux réalités de sa vie : la sainteté et le bonheur. La sainteté, avant d’être l’état de vie de la foule innombrable de ceux et celles qui ont été des témoins lumineux du Christ, connus ou inconnus, est d’abord et avant tout un état d’esprit de ceux et celles qui sont en marche ici-bas vers le Royaume des cieux.

Les commerçants du bonheur ne manquent pas de stratégies, d’initiatives ou d’ingéniosité en marketing pour nous faire rêver d’une vie bienheureuse. Leurs appâts sont tellement alléchants qu’ils détournent parfois nos regards vers des bonheurs éphémères : être dans l’air du temps avec le dernier téléphone, être habillé à la mode de la dernière saison, rouler dans de nouvelles séries de telle ou telle marque de voiture, équiper sa maison ou son appartement avec des appareils derniers cris et de toutes les commodités à la une de la modernité… etc. Et après ? Notre soif de bonheur peut-elle être comblée une fois pour toute ? Non ! Et nous nous rendons bien compte que nous vivons dans une société qui nous poussent à la consommation au bénéfice de quelques-uns, et non dans un monde capable de nous installer dans un bonheur durable.

Voilà pourquoi Jésus, et à sa suite les Saints et Saintes de Dieu, nous invitent aujourd’hui à vivre dans cet état d’esprit des béatitudes : savoir nous contenter de ce que nous avons, savoir nous réjouir de ce que nous possédons, vivre tout simplement dans une sobriété heureuse comme le disent certains penseurs contemporains (cf. Pierre Rabhi). Rien d’autre que ce que Jésus avait enseigné : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des cieux est à eux ». Et le Pape François nous y encourage dans ce sens en écrivant dans Laudato Si’ que « le fait de réutiliser quelque chose au lieu de le jeter rapidement, parce qu’on est animé par de profondes motivations, peut être un acte d’amour exprimant notre dignité » (LS n° 211).

Frères et sœurs, les béatitudes sont un chemin de sainteté, tout un programme qui veut nous montrer le chemin vers le bonheur. Et il ne s’agit pas seulement d’un bonheur dans le futur qu’il faut attendre désespérément, mais d’un bonheur dans le présent qui nous rend tous artisans d’un monde de paix et d’amour, de justice et de pardon, de miséricorde et de vérité, d’attention et de compassion vis-à-vis de ceux qui pleurent, qui sont affamés et assoiffés, qui sont tout juste dans le besoin.

Alors, puissions-nous par cette célébration goûter déjà à la joie de ceux qui ont choisi de placer le Christ au centre de leur vie en affrontant la réalité de la vie présente et en vivant dans l’espérance de la vie du monde à venir. Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous ! Amen !

P. Urbain KIENDREBEOGO