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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

11 mars 2018 4° dimanche de Carême

Avressieux, le 11 avril 2018

Homélie du 4ème dimanche de Carême (B)

(Ch 36,14-16.19-23 ; Ps 136 (137) ; Ep 2,4-10 ; Jn 3,14-21)

Frères et sœurs, en ce 4ème dimanche de carême, l’évangéliste Jean nous invite à contempler déjà le Christ en croix à l’instar du peuple hébreu qui, dans le désert, devait lever les yeux vers le serpent d’airain. En effet, pendant la traversée du désert, le peuple d’Israël, durement éprouvé par le fléau de la morsure de serpents venimeux, n’avait pour solution que de lever les yeux vers le serpent de bronze dressé sur un bois par Moïse, pour obtenir la guérison. Aujourd’hui, il nous est demandé de lever les yeux vers Jésus crucifié pour être sauvé. Nous allons le revivre de façon solennelle et profonde, le vendredi saint, quand la Croix sera présentée à notre vénération : « Voici le bois de la Croix, qui a porté le salut du monde ».

Mais en quoi consiste cette contemplation ? S’agit-il seulement d’un simple regard comme on regarde une personne ordinaire ? Si tel était le cas, nous pourrions dire que le salut s’obtient sans grand effort. Il importe donc de comprendre que cette contemplation du Christ en croix est un regard de foi, de confiance et d’amour parce que « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ». L’évangile ne dit pas que Dieu a tellement aimé « les hommes » ou « l’humanité » mais plutôt que « le monde ». Dans la conception johannique du terme, le monde représente le cosmos, l’ensemble de la création où l’homme occupe une place singulière et privilégiée.

Oui, « Dieu, riche en miséricorde » a donné son Fils ; et le Fils qui « s’est donné pour nos péchés » (Ga 1,4), « nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur » (Ep 5,2). Il nous apprend ainsi à savoir nous donner à notre tour en offrande à Dieu et aux autres comme lui parce que « aimer c’est tout donner et se donner soi-même » (Ste Thérèse de l’Enfant Jésus). Cela ne rejoint-il pas le thème de carême que nous propose le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) ? Se donner la main pour tisser ensemble une terre solidaire avec nos différences et pour nous engager pour la justice, la paix et la solidarité.

Mais nous ne saurons réaliser tout cela sans placer notre foi en « Dieu qui nous a faits et créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes » (2ème lecture). Et la foi consiste à accueillir l’envoyé de Dieu, accueillir sa lumière et laisser cette lumière dissiper les ténèbres de nos vies. Nous sommes donc invités à nous efforcer pour réaliser des œuvres de bonté et de bienveillance envers nos frères et sœurs en humanité. Nous l’aurons compris, l’amour de Dieu passe toujours par l’amour du prochain. C’est ce que nous enseigne le Christ élevé sur la croix.

Puissions-nous, pendant ce temps qui sépare de Pâques, redoubler d’ardeur et de ferveur pour empêcher « la propagation de l’iniquité dans le monde… et la diminution du sens de l’humanité » (Pape François, Message de carême 2018) et pour qu’ainsi nos « œuvres soient accomplies en union avec Dieu » (évangile). Amen !

P. Urbain KIENDREBEOGO