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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

10 mai 2018 Ascension

Verel de Montbel, le 10 mai 2018

Homélie de l’Ascension (B)

(Ac 1,1-11 ; Ps 46 (47) ; Eph 4,1-13 ; Mc 16,15-20)

Frères et sœurs, dans le Livre des Psaumes, les païens interrogeaient : « Où donc est votre Dieu ? » Et le psalmiste de répondre au nom de tous les justes, ceux qui croient en Dieu : « Notre Dieu, il est au ciel ; tout ce qu'il veut, il le fait » (Ps 113 B, 2-3).

Aujourd’hui, face au déferlement du mal dans le monde, les chrétiens sont fondés à croire que la société post-moderne lui pose encore la même question : « où est votre Dieu, pour qu’il y ait tant de guerres et de misères, de maux et de maladies incurables, de souffrances et de catastrophes naturelles par-ci par-là ? Et la mort ? Et le deuil ? Où est-il votre Dieu ? Il nous revient le devoir de répondre et de « présenter une défense devant quiconque nous demande de rendre raison de l’espérance qui est en nous » (1 P 3,15), que notre Dieu est au ciel ! Oui aujourd’hui, « Dieu a exalté son Fils Jésus : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2,9-11). Le Christ est monté au ciel, non pas pour nous laisser avec nos problèmes terrestres mais pour qu’ils ne soient plus des obstacles à notre destinée céleste. Et nous sommes plus que réconfortés par cette promesse irrévocable : « vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,1-11).

Certes, nous sommes désormais privés d’une présence physique du Christ, mais nous sommes rassurés de sa présence mystique à nos côtés au fil des jours parce que nous avons placé toute notre foi en sa parole prononcée après sa résurrection : « moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Au nom de l’espérance à laquelle notre vocation de chrétiens nous a tous appelés, Dieu nous a promis l’Esprit aux sept dons pour témoigner de lui au milieu de ce monde : « A chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ » (2ème lecture).

C’est avec la force de l’Esprit nous pourrons entrer dans le temps du combat spirituel car l’ennemi est démasqué. Il s’agit d’expulser les démons de notre monde : jalousie, rivalités, mensonges, soif de puissance et d’argent, guerre et violence, calomnie et médisance, esprit de domination et de corruption. Il s’agit aussi des « serpents » avec « leur poison mortel ». « Mais, en tout cela, nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés » (Rm 8,37). Désormais, avec l’Esprit promis, nous parlerons un langage nouveau, celui qui bâtit la vraie fraternité et la paix durable entre les hommes et les peuples. Avec la grâce du même Esprit, « nous imposerons les mains aux malades », ceux qui souffrent de maladies et de solitude, de handicap et de chômage, de l’individualisme régnant et prégnant de la société, des dictatures politique et économique, des ruptures familiales. Tous ces « malades s’en trouveront bien ».

Frères et sœurs, en cette fête de l’Ascension, ne restons pas là les bras croisés « à regarder vers le ciel », mettons les mains à la pâte humaine, et comme le levain ou le levier, transformons notre société avec la force de notre foi et de notre espérance au Christ ressuscité et monté aujourd’hui vers son Père. Amen !

P. Urbain KIENDREBEOGO