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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

10 décembre 2017 2° dimanche de l'Avent

sermon

Avressieux, le 10 décembre 2017

Homélie du deuxième dimanche de l’Avent (Année B)

(Is 40,1-5.9-11 ; Ps 84 (85) ; 2 P 3,8-14 ; Mc 1,1-8)

En ce deuxième dimanche de l’Avent, trois voix retentissent : celle du Prophète Isaïe, celle de l’Apôtre Pierre et celle du Précurseur Jean-Baptiste. Tous trois, avec leur style et dans leur mission singulière, proclament l’espérance d’un Dieu Sauveur qui vient consoler, inviter à la sainteté et à la conversion.

« Consolez, consolez mon peuple dit votre Dieu… Élève la voix avec force et dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » « Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ». Ce message d’espérance ne vaut-il pas encore pour notre siècle où, par endroit, les chantiers de justice et de réconciliation, d’amour et de paix peinent à voir le jour ? Ce message d’espérance a-t-il suffisamment retenti dans notre monde où l’on continue d’entendre le bruit des armes et où le fossé entre les riches et les pauvres se creuse chaque jour davantage, plongeant ainsi tant d’êtres humains dans des situations de désolation, sans espoir d’une vie meilleure ?

Quant à l’apôtre Pierre, il élève la voix pour dénoncer les moqueries des croyants qui se demandent « où en est la promesse de l’avènement de Dieu ? » (2 P 3,4) et qui « prétendent que le Seigneur a du retard parce qu’il tarde à tenir sa promesse ». Pour Pierre, « la sainteté et la piété » offrent une possibilité de vivre en référence à Dieu qui ouvre à sa joie par le moyen de la conversion. C’est le chemin d’une nouvelle et authentique vie « sans tache ni défaut, dans la paix ». Et Dieu est patient et donne à l’homme le temps de se convertir. C’est d’ailleurs à cette conversion que Jean-Baptiste nous convie en ce temp de l’Avent comme pour éveiller notre espérance endormie.

La troisième voix que nous entendons aujourd’hui est celle « de Celui qui crie dans le désert », Jean. Le désert ne renvoie pas ici seulement à un lieu géographique où rien ne pousse, mais il représente aussi au sens biblique, ce lieu de silence et d’humilité où Dieu parle au cœur de l’homme dans un monde dominé par la dictature du bruit. Si Jean « proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés », sa voix préparait aussi le peuple à attendre dans l’espérance et la droiture du cœur le Messie : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers…. [Car] voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ».

Le cri de Jean le précurseur était à la fois une proclamation et une invitation à la conversion pour une vie de sainteté. Et l’écho de sa parole a provoqué jadis un mouvement de foule. L’évangile dit précisément que « tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de Jean, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés ». Le baptême de conversion ouvre un premier temps, une attente en vue de quelque chose d’autre. Et pour nous ce matin, cet autre chose, c’est l’avènement du Fils de Dieu dans la chair et l’appel à la conversion consiste à « nous laisser bousculer dans nos projets » (thème de la semaine). C’est pourquoi, à l’approche de la célébration du mystère de l’incarnation, la liturgie réactualise pour nous aujourd’hui ce cri des prophètes : « Préparez le chemin du Seigneur ! ».

Pour préparer dignement nos cœurs à accueillir l’Emmanuel qui vient nous baptiser dans l’Esprit Saint, accueillons donc sans plus attendre cet appel à la conversion qui transformera en pénitence et en vigilance les indifférences et les somnolences de nos existences. Amen !

P. Urbain KIENDREBEOGO