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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

Chapelle de Pigneux

Notre Dame du Gage

Notre Dame du Gage

A quelques centaines de mètres du bourg de Saint-Genix, sur une petite colline, auprès d'un bouquet de tilleuls, la chapelle de Pigneux dans un site remarquable, veille un horizon pratiquement circulaire d'où l'on découvre : le Bugey, la chaîne de l'Epine, la Chartreuse, le Dauphiné et ses vallons et les plaines estompées du lyonnais. Plus près, elle domine les douces rives du Guiers. A qui doit-on exactement, la création de cet édifice ? Il est véritablement difficile d'éclaircir ce passé lointain, et d'obtenir des certitudes.

On peut affirmer que la vallée du Rhône a été conquise au christianisme vers la fin du 1er siècle de l'ère chrétienne, grâce à la navigation sur le fleuve et aux voies romaines. Ces moyens de liaison mettaient Saint-Genix en communication continuelle avec Vienne et Lyon, dont les contrées environnantes connurent ainsi les prémices de l'évangélisation. On prétend que la chapelle état à l'origine un simple oratoire qui pourrait être édifié aux alentours du VIII° siècle. Une inscription placée à l'intérieur de la chapelle expose que :  " Au VIII° siècle, d'après la tradition, cette chapelle fut élevée en mémoire d'une bataille livrée aux maures, dans cette localité qui porte encore le nom de Champ de Bataille. L'ancienne chapelle dont le chœur de l'époque romane et la nef de la fin du XVI° siècle, avait été ruinée en 1792, fut relevée en 1816 par Monseigneur le chanoine Blanc, curé de Saint-Genix qui y est inhumé".

Elle a été réédifiée en 1875 par souscription publique et les dons de Mr. et Mme. Chevallay. Cette chapelle serait un gage de reconnaissance. On parle encore d'une victoire remportée par les sarrasins, hordes sauvages poussées à travers les plaines du Rhône, par les armées victorieuses de Charles Martel.

Il est possible qu'en s'enfuyant, une bande de brigands engagés sur les voies romaines, essayant de prendre Saint-Genix en forçant la porte du levant, se soit fait écraser à l'entrée du village sur un terrain qui porte le nom de Champ de Bataille.

On avance encore que les moines de Saint-Chef connaissaient une prophétie de Saint-Clair qui prédisait une invasion des maures dans le Dauphiné et les pays limitrophes. Il se peut que ces religieux aient élevé un oratoire sur la colline en gage de protection.

Une autre légende attribue la construction de l'édifice à un général du nom de Pigneux. Saint-Genix était une ville chère aux Ducs de Savoie. Ils y avaient des résidences et le séjour leur plaisait comme en témoignent l'acte des franchises accordées aux habitants au XIII° siècle. Saint-Genix aurait été assiégé par le redoutable seigneur de la Tour du Pin. De Pigneux met sa petite troupe sous la protection de la Sainte Vierge, et lui dédie ses étendards.

La bataille est rude et sans pitié. Les morts et les blessés sont nombreux et saignent sur cette petite colline, près de la porte du faubourg. Le terrain, témoin de cet affrontement porte le nom de Champ de Bataille, sans doute en souvenir de ce carnage. Il paraît que la route qui conduit de la porte du faubourg à Pigneux était appelée autrefois, route rouge ou route du sang. Une dernière hypothèse prétend que le marquis de Treffort, à la tête d'une armée savoyarde se serait avancé à marche forcée ;

Les avant-gardes étaient signalées à Belley, Gerbais et la cavalerie en Chautagne. Lesdiguières se résigne le 9 août à donner l'ordre de la retraite, après avoir détruit ses travaux de défense, fait sauter les châteaux de Murs et de Martel, et chargé Pellisson de démanteler Saint-Genix. L'expédition eut des résultats qui, pour n'être pas ceux que son chef avait prévu, ne sont pas dépourvus d'intérêt. Le théâtre du combat livré près de Saint-Genix, garde le nom de Champ de Bataille.

Cette désignation " Champ de Bataille " résulte donc de versions diverses, et ce terrain accrédite ainsi la source de quelques légendes. Quoiqu'il en soit, la confiance et la piété qu'ont inspirées cette chapelle, ont été vivantes et actives surtout à partir du XIII° siècle. Pigneux est vite devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté. Une des obligations des franchises accordées à Saint-Genix, exprime les égards que les habitants doivent aux pèlerins.

Le nombre important de fidèles et de visiteurs décide, vers la fin du XVI° siècle, l'évêque de Belley à nommer un chapelain. Plusieurs autres lui ont succédé. Ils résidaient dans une petite maison à proximité de la chapelle.

Les archives et registres de Saint-Genix, vieux de presque quatre siècles, ont conservé le nom de quelques-uns de chapelains qui ont desservi Pigneux :

                Révérend Juillard, prêtre, baron de Montdragon, mort à Pigneux en 1642, âgé de soixante ans.
                Révérend Monet - 1975
                Révérend R.P. Barbier - 1679
                Comte Balthazar de Saint-Genix, de 1680 à 1701 ou 1702
                Révérend Dommier - 1740
                Révérend Guillaume Dompierre - 1756
                Révérend Lacoste - 1788, dernier chapelain.


Au XVII° et au XVIII° siècle, la chapelle bénéficiait de la générosité des familles nobles de Saint-Genix, en particulier les Trepied de la Tour et les d'Apvril. Les armoiries de l'ancien oratoire, fixées au mur du levant de la chapelle, semblent attester que les nobles Bienvenu de Mondragon, furent aussi ses bienfaiteurs.

La période de terreur, autour des années 1793, n'épargne pas la petite chapelle qui est là depuis six siècles.
Elle est ruinée et ses biens sont vendus.
Tous les accessoires convenant aux offices, sont transportés à Chambéry, le 27 frimaire an II.