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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

homélie du dimanche de Pâques

Pont de Beauvoisin, le 16 avril 2017 
Homélie du jour de Pâques (Année A) (Références des textes bibliques : Ac 10,34a.37-43 ; Ps 117 (118) ; Col 3,1-4 ; Jn 20,1-9) 
(A signaler au début de la prédication : Je serai un peu plus long aujourd’hui car c’est le jour de Pâques !) Un tombeau vide, trois disciples, trois attitudes ! Une femme, Marie Madeleine, deux hommes, Pierre et Jean. Ils sont pour nous en ce matin de Pâques, les témoins d’un événement inédit, inexplicable, incompréhensible, mystérieux : Jésus est ressuscité ! Devant cette réalité, ces trois personnes vont nous enseigner par leurs attitudes que la résurrection n’est croyable ou acceptable que par ceux qui ont « la foi, l’espérance et l’amour » (1 Co 13,13). Ce sont des vertus indispensables aux chrétiens pour proclamer que le Christ est ressuscité d’entre les morts. 
Marie-Madeleine. Elle s’est levée de bonheur, « se rend au tombeau de grand matin » (évangile), défiant les ténèbres et toute peur, le cœur attristé et les yeux larmoyants, pour embaumer le corps de Jésus, sacrifiant ainsi au dernier devoir d’hommage envers celui qui a bouleversé sa vie et qu’elle a aimé d’un amour reconnaissant et sans réserve. Quand les disciples dormaient encore, elle était déjà debout. Elle voulait, par la gratuité même de son geste, témoigner de son ultime acte d’amour pour le Maître (Rabbouni). Marie-Madeleine représente ainsi pour nous la figure de l’amour. Pour être restée fidèle au commandement de Jésus – « demeurez dans mon amour » (Jn 15,9) – elle nous apprend à demeurer dans l’amour, à croire en l’amour, à persévérer dans l’amour quoiqu’il arrive. Même quand l’amour devient difficile et que nous désespérons d’aimer, ne démissionnons pas, imitons MarieMadeleine qui a aimé à la folie et nous rappelle que « l’amour supporte tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout » (1 Co 13,7). La résurrection de Jésus annonce la victoire de l’amour sur la haine, de la vie sur la mort, du bien sûr le mal. Depuis le matin de Pâques, nous sommes convaincus que l’amour régnera un jour dans tous les cœurs. Et pour nous qui « sommes ressuscités avec le Christ » (2e lecture), « toute la vie chrétienne est une réponse à l’amour de Dieu. Et la première réponse est précisément la foi comme accueil, plein d’émerveillement et de gratitude, d’une initiative divine inouïe qui nous précède et nous interpelle » (Benoît XVI, Carême 2013). C’est ce que nous révélera Jean par son attitude de foi. 
Jean, « celui que Jésus aimait » (évangile) et à qui il a confié sa mère (cf. Jn 19,27). Laissant derrière Pierre qui traînait la jambe, Jean, avec toute la fougue de sa jeunesse, « courut plus vite que lui et arriva le premier au tombeau » (évangile). L’Évangile précise que quand il est rentré dans le tombeau, « il vit, et il crut ». Voir et croire ! Voici ce que représente pour nous la figure de Jean : la figure de la foi. À la question : Qu’est-ce qu’il a vu ? l’Évangile répond : « des linges qui sont posés à plat ». Mais à la question : Qui est-ce qu’il a vu ? Il n’y a précisément pas de réponse, parce qu’il ne voit rien justement, personne, sinon le tombeau vide. Mais cela lui suffit pour croire que le Christ est ressuscité. Il n’a pas besoin de preuves matérielles, il n’a pas besoin de voir pour croire, comme l’exigera l’apôtre Thomas l’incrédule. La foi de Jean est mémoire : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, avait dit Jésus, …qu’il soit tué, et que le troisième jour, il ressuscite » (Lc 9,22). Sa foi est aussi lumière et conviction : « Le Christ n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit… Il est ressuscité d’entre les morts » (Mt 28,6.7). Dieu ne peut se tromper ni nous tromper. Alors Jean incarne cette attitude de la foi qui 
ne repose pas sur des démonstrations mathématiques, mais sur la confiance en « la parole qui sort de la bouche de Dieu et ne lui revient pas sans résultat…, sans avoir accompli sa mission » (Is 55,11). La parole de Dieu est efficace pour celui qui met sa confiance dans le Christ. Et à celui-là, il est donné de marcher de clarté en clarté, parce que l’aube de Pâques illumine toute sa vie. « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » (1 Co 15,17) et vaine aussi est notre espérance. 
Pierre. Le premier des Apôtres (cf. Mt 16,17-19) sera le dernier à être arrivé au tombeau. Pierre est encore conscient qu’il a nié par trois fois son Maître, mais il n’a pas désespéré de la miséricorde de Dieu à la manière de Judas qui s’est pendu. En sourdine, le cœur de Pierre murmurait en prière espérant toujours la miséricorde de Dieu : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché » (Ps 50,3). Ainsi, « le premier jour de la semaine » (évangile), à l’aube de Pâques, « espérant contre toute espérance, il a cru » (Rm 4,18) devant le tombeau vide que le Christ est ressuscité et son espérance lui a valu plus tard la confiance totale de Jésus sur le lac de Tibériade : par trois fois et en écho à ses trois reniements, Jésus lui dira : « Sois le berger de mes brebis » (Jn 21,15-17). Devant la foule composite du jour de la Pentecôte, c’est encore Pierre et pas un autre, qui prendra la parole pour exhorter à placer notre espérance en Jésus ressuscité car, « en nul autre que lui, il n’y a de salut sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver » (Ac 4,12). La première lecture que nous avons écoutée fait aussi écho à cette espérance pascale. Et c’est pourquoi Pierre est pour nous la figure de l’espérance. Bien souvent, notre péché nous entraîne dans des voies sans issue et des impasses de toutes sortes. Mais « Jésus a effacé le billet de la dette qui nous accablait…, il l’a annulé en le clouant à la croix » (Col 2,14). Et sa résurrection nous montre que rien n’est jamais fini pour Dieu, car « voici qu’il fait toutes choses nouvelles » (Ap 21,5) dans notre vie. Notre Dieu est le Dieu de la nouveauté, le Dieu de l’espérance, le Dieu de l’avenir, un avenir toujours possible, un avenir toujours ouvert, un avenir toujours offert. 
Frères et sœurs, un tombeau vide, trois disciples, trois attitudes qui témoignent que Jésus n’est plus prisonnier du tombeau mais qu’il est vainqueur du péché et victorieux de la mort. En fêtant la victoire de Jésus au matin de Pâques, nous fêtons aussi notre propre victoire. La joie du Ressuscité est notre joie. Et cela change tout, pour nous les chrétiens, car non seulement nous vivons dans l’espérance de cette résurrection future où nos corps seront glorifiés mais dès maintenant, « l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit qui habite en nous » (Rm 8,11). 
Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité Alléluia ! En ce matin de Pâques, comme des sentinelles, suivons les pas de Marie-Madeleine, de Pierre et de Jean qui ont couru jusqu’au tombeau ouvert. Et crions sur les toits que « le Christ est vainqueur du monde » (Jn 16,33) et que ceux qui l’aiment, ceux qui croient en lui, ceux qui espèrent en lui, partagent déjà sa victoire pour l’éternité. « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime » (Prière de l’ange de Fatima) ! Amen ! 
P. Urbain KIENDREBEOGO