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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

homélie du 7° dimanche de Pâques par Bruno Mayoral

Homélie du 7ème dimanche de Pâques     Saint Genix-sur-Guiers le 28 mai 2017

Ac 1, 12-14 ; Ps 26 ; 1 P 4, 13-16 ; Jn 17, 1b-11a

Ce 7ème dimanche de Pâques nous prépare à la grande fête de la Pentecôte qui sera célébrée dimanche prochain. Ce jour-là, les apôtres se mettront à proclamer avec force et courage les merveilles de Dieu. Comme vous le savez, nous étions plusieurs d’entre-nous à Lourdes pour le pèlerinage savoyard où il nous était proposé de découvrir, tout comme les apôtres, les merveilles de Dieu auprès de Marie. Lors de sa rencontre avec sa cousine Elisabeth, la Vierge Marie prononça ces belles paroles : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles. » Les sanctuaires de Lourdes nous les ont proposées comme thème de notre pèlerinage.

 Les textes de ce dimanche sont bien en lien avec ce que nous avons vécu à Lourdes. Dans la première lecture, Saint Luc nous dit que les disciples se rendent au cénacle pour un temps de prière. Une grande mission les attend ; mais pour cette mission, ils ne seront pas seuls. Jésus leur a promis la venue de l’Esprit-Saint. Pendant dix jours, ils vont rester en prière pour se préparer à sa venue. Il nous dit aussi qu’ils prient « d’un même cœur ». C’est ce que nous sommes invités à faire ce matin ; être unis dans la prière au Dieu Unique. « Tous d’un seul cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus et avec ses frères. »(Ac 1, 14) Saint Luc nous signale également la présence de Marie en prière. Comme toujours c’est une présence discrète.

A Lourdes, Marie ne dit rien à Bernadette à propos de la prière, mais jour après jour elle se joint à Bernadette lorsque celle-ci est en prière. En effet, lors des apparitions, dès qu’elle arrive à la grotte, Bernadette s’agenouille, fait le signe de croix et commence aussitôt la récitation du chapelet. C’est au cours de cette simple méditation que la Vierge apparaît à Bernadette, la rejoignant au cœur de sa prière. Alors silencieusement, son propre rosaire entre les doigts, Marie s’associe mystérieusement à la prière de Bernadette.  La prière est le cœur du message de Lourdes : on y vient pour prier, pour demander des grâces, pour se tourner vers Marie. Chacun le sait, jamais on ne repart comme on est arrivé. La vie est différente après Lourdes, y compris la vie de prière… même, et peut-être surtout, pour ceux qui n’y étaient pas habitués.

Il est essentiel de comprendre que prier apporte tout puisqu’il s’agit de reconnaître notre petitesse devant Dieu et lui demander l’aide dont nous avons besoin pour cheminer avec lui. Les anciens disent que la prière est à l’âme ce que le repos et l’air sont au corps. C’est une nécessité vitale. Sans ces moments de présence à Dieu, notre cœur profond se dessèche, s’épuise, s’asphyxie. Dans l’Evangile que nous avons entendu, nous découvrons la prière de Jésus : elle nous le montre en totale communion avec son Père « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. » (Jn 17, 1) Ils sont liés l’un à l’autre dans une communion éternelle. Les évangélistes nous montrent Jésus en prière tout au long de sa vie publique. Ils nous disent qu’avant d’enseigner, de guérir et d’aimer, Jésus se retire pour prier son Père parfois des nuits entières. Et sa prière devait être tellement belle, son attitude pendant la prière devait être tellement différente, qu’un jour un disciple ose lui demander : apprends-nous à prier. Et Jésus enseignera le « Notre Père ». Dans cette prière, il nous apprend non seulement à prier mais il nous apprend l’attitude que nous devons avoir, une attitude de fils et filles de Dieu qui se savent aimés de leur Père.

 Saint François de Sales écrit dans « l’introduction à la vie dévote » (On dirait aujourd’hui : introduction à la spiritualité.) « Quelle que soit la forme de votre prière, qu’elle soit mentale ou orale, commencez toujours par vous mettre en présence de Dieu. Tenez cette règle pour intangible et vous verrez combien elle vous sera profitable. »

Si nous nous sommes mis en présence de Dieu, du Dieu de la Bible, notre prière, notre relation à Dieu, Notre Père, ne pourra qu’être confiante. Alors longtemps, souvent il nous faudra contempler le modèle, fréquenter Dieu pour nous ajuster à lui. Dans  le passage de la 1ère lettre de Saint Pierre que nous venons d’entendre, il nous rappelle la nécessité de nous ajuster à Dieu et en même temps la nécessité d’être vraiment reliés au Christ. « Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. » (1P 4, 14) Nous découvrons à Lourdes que Bernadette Soubirous s’est ajustée à Dieu, s’est liée à Jésus. Elle qui a vécu la maladie, la faim, l’humiliation familiale, autant de malheurs naturels qui auraient pu provoquer sa rage, son enfermement. Cela n’a pas été le cas. Au contraire, elle a toujours mis sa confiance en Dieu. Dès son enfance elle est tournée vers Dieu et vers les autres. Après les apparitions, dans un total oubli d’elle-même, ne cherchant que l’amour de Dieu, Bernadette se fait toute, à tous. Sachant qu’il n’y a pas d’amour sans souffrance, mais que souffrir en aimant ce n’est pas souffrir mais aimer, Bernadette dira  à une autre religieuse : « Rappelez-vous qu’il faut aimer sans mesure et se dévouer sans compter. » Les hospitaliers et hospitalières de Lourdes vivent cet engagement auprès de leurs frères et sœurs malades et handicapés à la suite de Sainte Bernadette.

Le Pape François soulignait dans son exhortation apostolique : « La joie de l’amour », que les joies les plus intenses de la vie jaillissent quand on peut donner du bonheur aux autres.  Pendant le pèlerinage à Lourdes, les membres de l’hospitalité Notre-Dame de Lourdes ne cessent d’éprouver la joie toujours renouvelée de « donner du bonheur aux autres. » Joie de servir son frère. Mais, au-delà de ce qui pourrait rester un geste humanitaire, les hospitaliers et hospitalières sont appelés à être signe « de la proximité et la tendresse de Dieu. » Ils sont appelés à vivre à l’image du Christ Jésus, dont toute la vie a été don de soi. Pour terminer je voudrais vous partager ce que j’ai ressenti en regardant les cierges allumés devant la grotte, avec leurs flammes qui vacillaient aux 4 vents. Ils m’ont rappelé notre fragilité. Bien sûr, ils sont le signe visible de notre prière qui monte vers Dieu par l’intercession de Marie et que nous faisons brûler en l’honneur de la Sainte Vierge comme nous l’a demandé Sainte Bernadette. Mais aussi, ils symbolisent pour moi la fragilité de notre foi, qui peut vaciller tout comme cette flamme au gré des doutes, des évènements douloureux, des colères, des peurs, des habitudes, de la maladie, tout ce qui fait que notre flamme intérieure diminue.

Au cours du pèlerinage à Lourdes, jour après jour, cette flamme est ranimée. Grâce à la prière, aux célébrations : les Eucharisties, le sacrement de réconciliation, la procession Eucharistique, la procession mariale. Et aussi grâce à tous les liens que nous avons tissés entre nous ; les sourires partagés, l’amour reçu et donné, tous les mercis en reconnaissance du dévouement, de l’entraide, de la chaleur humaine, de la bienveillance et de tous les gestes de tendresse reçus et donnés. Grâce à tout ce que nous avons vécu à Lourdes, notre flamme prend une couleur particulière, elle devient légère et lumineuse. Nous nous sentons à la suite de Bernadette, petit, pécheur et aimé. Alors nous rentrons chez nous fatigués mais transformés, avec cette belle flamme régénérée par l’Esprit-Saint qui réchauffe les cœurs. Tout comme les disciples d’Emmaüs qui de retour de Jérusalem après avoir cheminé avec le Christ se disent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, pendant qu’il nous parlait ? » (Lc 24, 32) Amen.

 

Bruno Mayoral, diacre.

D’après diverses sources.