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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

homélie du 5 mars 2017

1° dimanche de Carême

Dimanche le 5 mars 2017 Homélie du 1er dimanche de carême Année A (Références des textes bibliques : Gn 2,7-9 ;3,1-7a ; Ps 50(51) ; Rm 5,12.17-19 ; Mt 4,1-11) Nous faisons tous l’expérience de la tentation. Quand il s’agit de la tentation de bien agir, nous sommes sous la mouvance de la grâce, mais quand il s’agit de la tentation de mal agir, nous sommes malmenés par une force maléfique qui veut nous détourner des commandements de Dieu. Et c’est précisément ce que Jésus va vivre aujourd’hui dans l’évangile avec trois scènes de tentations composées de la même manière : une suggestion du diable et une réponse de Jésus tirée de l’Écriture, précisément du livre du Deutéronome. La première tentation, celle de l’avoir, est du domaine de l’accumulation matérielle. Elle vise la satisfaction immédiate du désir matériel. C’est la tentation d’Ève prenant le fruit défendu (Gn 3,6) alors qu’elle n’avait pas fini de manger des autres fruits du jardin de la vie, c’est aussi la tentation du peuple d’Israël voulant conserver la manne au désert par mesure de prudence et de prévoyance (Ex 16,19-20) comme si elle ne descendait pas du ciel. La réponse de Jésus oppose au pain la Parole : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Une manière de rappeler qu’il y a d’autres biens plus désirables que les biens matériels. Le chrétien doit être vigilant pour renoncer à l’esprit et à l’appétit du gain dans une société qui considère les biens matériels comme postulat du bonheur de l’homme. La deuxième tentation, celle de l’être qui consiste à vouloir capter et utiliser la puissance divine à son profit. « Etre portés par des anges » et d’échapper au sort commun des hommes qui est de mourir. C’est la tentation d’Adam et Ève voulant « être comme des dieux » (Gn3,5), ou celle du peuple à Massa et Mériba, mettant Dieu à l’épreuve en demandant des miracles (Ex 17,7 ; cf. Ps 78,19). La réponse de Jésus, empruntée à Deutéronome (6,16), rappelle l’interdit de la mise à l’épreuve de Dieu : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ». Jésus lui-même va refuser d’utiliser sa puissance pour donner des signes (Lc 11,29), et refuser de demander un miracle pour sauver sa vie parce que le Fils de l’homme est venu pour donner sa vie en rançon pour la multitude. La troisième tentation, celle du vouloir être ou du paraître qui consiste à renier Dieu pour suivre des idoles assurant la puissance. C’est la tentation du premier homme désobéissant à l’ordre de Dieu pour suivre la proposition du serpent (Gn 3,6) ou du peuple adorant le veau d’or (Ex 32,4). C’est la tentation du pouvoir, de la domination, de la volonté de puissance. Jésus répond par une citation de Deutéronome (6,13), montrant que l’homme est fait non pour asservir le monde mais pour le servir au nom de Dieu dans la liberté et la vérité. Le refus des royaumes de la terre ouvre l’entrée dans le vrai Royaume, celui des béatitudes. Ces trois tentations synthétisent les tentations ou encore les trois zones de la fragilité humaine à savoir la gourmandise, la vanité et l’orgueil. Ce que les Pères du désert nommaient : les trois « esprits ». Alors qu’Adam dans le premier jardin et le peuple élu au désert avaient succombé, Jésus est sorti vainqueur de cette triple épreuve. Si nous luttons avec Lui, avec Lui nous vaincrons. « Si nous supportons l’épreuve, avec Lui nous règnerons » (2 Tm 2,12). C’est donc avec Jésus que nous empruntons la route du Carême, sûrs qu’avec Lui il nous est possible de changer de vie. Bon temps de carême. Amen !

P. Urbain KIENDREBEOGO