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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

homélie du 12 mars

2° dimanche de Carême

St Génix, le 12 mars 2017
Homélie du deuxième dimanche de Carême Année A
(Textes bibliques : Gn 12,1-4a ; Ps 32 (33) ; 1 Tm 1,8b-10 ; Mt 17,1-9)
Un de vos célèbres poètes écrivait :
« Ô temps, suspends ton vol ! Et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! » (Alphonse de LAMARTINE).
Même si nous n’avons pas tous l’art de bien dire ainsi les choses, il nous est arrivé à tous, des moments de bonheur inoubliable où l’on voudrait que le temps s’arrête « pour nous laisser savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours ». C’est ce que les disciples ont vécu avant nous, quand ils étaient transportés dans la nuée lumineuse de la gloire du Christ sur le mont Thabor : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, nous allons dresser trois tentes », en d’autres termes, nous ne voulons plus partir, nous allons demeurer ici.
Pourquoi l’Église nous propose l’Évangile de la transfiguration au début du carême ? C’est tout simplement pour nous montrer qu’au-delà des montagnes de nos combats quotidiens, au-delà des montagnes de nos souffrances du temps présent, des montagnes de gloire nous attendent à l’horizon. Saint Paul avait d’ailleurs cette ferme conviction de foi et cette forte espérance quand il écrivait aux Romains : « Frères, j’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous » (Rm 8,18).
La « haute montagne » dont fait mention l’Écriture, désigne le lieu de la présence de Dieu, le lieu du rayonnement de sa gloire. Rappelez-vous de ces grandes figures dont parle l’Évangile : Moïse sur le Sinaï (cf. Ex 24,1-18) et Élie sur le mont Horeb (cf. 1 R 19,8). Le temps du carême nous est donné pour faire route avec Dieu, pour faire l’expérience de sa présence. Et celui qui veut vivre cette expérience doit traverser les déserts de sa vie et gravir la haute montagne, symbole de tout l’effort de l’homme soutenu par la grâce divine pour se sanctifier. Et puisque l’ennemi (le diable) sait que nous y vivrons des heures de grâce, la haute montagne devient aussi pour lui le lieu par excellence de la tentation soumise à l’homme pour l’inciter à l’orgueil.
En effet, l’Évangile du premier dimanche de carême rapportait que le diable emmena Jésus sur une très haute montagne pour le tenter (cf. Mt 14,1-11). Le Vendredi saint, jour de la passion et de la crucifixion du Christ sur le Golgotha, le diable était encore là. Mais il ne savait pas que de la haute montagne de la tentation, Jésus allait en faire la haute montagne de la transfiguration ; et que de la haute montagne du Golgotha, lieu de la crucifixion et de la mort, Jésus allait en faire la haute montagne de la rédemption, lieu du salut et de la vie.
Alors, en ce temps de carême, « moment favorable où Dieu nous exauce » (cf. 2 Co 6,2), laissons-nous encourager par l’apôtre Paul qui nous exhorte dans la deuxième lecture à « prendre notre part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile… Car le Christ s’est manifesté : il a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité ». Amen !
P. Urbain