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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

homélie des Rameaux 2017

Rameaux 2017

St Génix, le 9 avril 2017
Homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion (Année A)
(Références des textes liturgiques : Is 50,4-7 ; Ps 21 (22) ; Ph 2,6-11 ; Mt 26,14-27,66) « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » ? Ce cri de désespoir continue de traverser les âges. Ce cri de l’incompréhension continue d’alimenter nos interrogations sur la souffrance du monde. Ce cri de détresse continue de semer des doutes dans nos esprits sur l’existence d’un Dieu aimable et sensible aux malheurs des hommes. Toute la raison serait sans doute de notre côté, si ce cri ne venait pas du Fils de Dieu lui-même. Si Jésus, « Dieu, né de Dieu » (Credo), a subi la passion, c’est que Dieu n’est pas impassible. Il n’est pas non plus un spectateur lointain de nos souffrances. Bien au contraire, son corps est le théâtre des scènes de la violence et de la souffrance humaines qu’il endosse et endure avec la mort dans l’âme : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats » (1re lecture). Qui peut expliquer la souffrance du juste, de l’innocent, de l’enfant et des victimes de tout genre ? Ce mystère reste grand, mais Jésus a pris visage en chacun d’eux en souffrant sa passion. En subissant les pires tourments de l’humanité, Jésus voulait descendre jusqu’aux abîmes du coeur de l’homme pour y détruire la racine du mal et du péché en payant de sa vie. Il supportera le poids de l’abandon et du rejet : - Judas, l’un des Douze, l’a trahi : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le » (évangile). - Pierre, le chef de file des disciples, l’a nié : « Je ne connais pas cet homme » (évangile). - Les disciples ont pris la tangente (cf. Mc 14,50-52). - Les foules l’ont abandonné en disant : « Qu’il soit crucifié ! » (évangile) - La lumière du soleil même l’a abandonné : « l’obscurité se fit sur toute la terre » (évangile). L’homme peut toujours abandonner Dieu, mais jamais Dieu n’abandonnera l’homme, encore moins son Fils. Même si de cette foule dont Jésus était saisi de compassion (cf. Mc 6,34), sont sortis des traîtres, des lâches et des bourreaux, Dieu pardonne et sauve toujours. « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Le mal et la maladie, la violence et la souffrance, la guerre et la misère, le péché et la mort n’auront pas les derniers mots car Dieu parlera définitivement et finalement par la résurrection de son Fils. C’est cette espérance qui nous réunit en ce dimanche des Rameaux et de la Passion où « nous célébrons déjà la victoire de notre Seigneur Jésus sur le mal et le mystère de notre délivrance » (Préface de la Passion). Marthe Robin, qui a vécu dans son corps la passion de notre Seigneur Jésus, disait : « C’est dans la souffrance que la foi est lumière, que l’espérance s’affirme, que l’amour grandit ». Je vous invite donc à confesser, même dans la souffrance, notre foi en « Jésus Christ qui a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli » (Credo) ; avec le centurion et ses gardes, redisons : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! ». Je vous propose en terminant de prolonger votre méditation avec les mots de cette prière traditionnelle : Âme du Christ, sanctifie-moi. Corps du Christ, sauve-moi. Sang du Christ, enivre-moi. Eau du côté du Christ, lave-moi.
Passion du Christ, fortifie-moi. Ô bon Jésus, exauce-moi.
Dans tes blessures, cache-moi. Ne permets pas que je sois séparé de toi.
De l’ennemi, défends-moi. À ma mort, appelle-moi :
Ordonne-moi de venir à toi, Pour qu’avec tes Saints je te loue
Dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
P. Urbain KIENDREBEOGO