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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

3 septembre 2017 22° dimanche Ordinaire

homélie

Domessin, le 3 septembre 2017

Homélie du 22ème dimanche du temps ordinaire (Année A)

(Textes bibliques : Jr 20,7-9 ; Ps 62 (63) ; Rm 12,1-2 ; Mt 16,21-27)

Dimanche dernier, les disciples de Jésus enviaient certainement Pierre, le premier des Apôtres, qui avait le vent en poupe quand le Maître disait de lui : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas... Moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Mt 16,17-19). Voilà qu’aujourd’hui le vent tourne : « Passe derrière moi Satan, l’invective Jésus, tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (évangile). Il nous faut bien comprendre les propos de Jésus, qui ne sont pas teintés de méchanceté mais qui sont porteurs d’une invitation adressée à Pierre et à chacun de nous. Jésus veut inviter Pierre à ne pas être un obstacle au plan de salut de Dieu sur le monde. Et cette invitation vaut pour chacun de nous. C’est par la qualité de disciple qu’on est introduit dans l’intelligence du dessein de Dieu. C’est donc le chemin de la vocation de tout chrétien que le Seigneur trace par l’interpellation faite à Pierre.

Quelle est donc la vocation du chrétien ? Prendre conscience, qu’en tant que disciple de Jésus, il est dans le monde sans être du monde (cf. Jn 17,14-16). En d’autres termes et selon l’affirmation de l’évangile du jour : la vocation du chrétien, c’est de « renoncer à soi-même », « prendre sa croix » et « suivre Jésus » ; c’est-à-dire prendre sa part de souffrance de cette vie terrestre, et marcher à la suite de Jésus, derrière Lui comme disciple. Et pour l’apôtre Paul, cette vocation du chrétien est un appel au discernement et à la conversion permanente : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous [par la conversion] en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait » (2ème lecture).

Pour y parvenir, il faut « se laisser séduire et saisir par Dieu » (1ère lecture), par sa Parole de vie et de vérité comme l’a été le Prophète Jérémie, conscient que cette même Parole attire sur le chrétien insulte et moquerie dans le monde d’aujourd’hui. Mais c’est à ce prix seulement que nous serons sanctifiés comme le demandait Jésus dans sa prière sacerdotale adressée à son Père en faveur de ses disciples et ceux qui croiront en leurs paroles : « Père, ceux que tu m’as donnés, sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité » (Jn 17,17).

Frères et sœurs, en ce mois de septembre, nous sommes plus qu’interpellés non seulement à prier mais aussi à agir aussi pour « notre maison commune » (LS 1), en renouvelant notre façon de penser et d’agir en faveur de la sauvegarde de la création pour nous-mêmes et pour les générations à venir. Plus concrètement, le Pape François nous invite à miser sur un autre style de vie, plus économique et plus écologique « parce que l’obsession d’un style de vie consumériste ne pourra que provoquer violence et destruction réciproque, surtout quand seul un petit nombre peut se le permettre » (LS n° 204). Et la question de Jésus attend notre réponse : « quel avantage, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? » (évangile).

Par cette eucharistie, « que le Père de notre Seigneur Jésus Christ ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur, pour que nous percevions l’espérance que donne son appel » (cf. Ep 1, 17-18). Amen.

P. Urbain KIENDREBEOGO