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Paroisse Saint-Benoît du Guiers en Avant-Pays savoyard voir la suite

26 Novembre 2017 Christ Roi

Saint-Genix, le 26 novembre 2017

Homélie du Christ Roi de l’univers (Année A)

(Ez 34,11-12.15-17 ; Ps 22 (23) ; 1 Co 15,20-26.28 ; Mt 25,31-46)

« Le Christ Jésus ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur… C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2,6-11). Vous avez certainement relevé dans ces paroles de l’apôtre Paul aux Philippiens, le sens bouleversant de la royauté du Christ : humble serviteur et pauvre de cœur, affamé et assoiffé de justice et de paix, nu et immolé sur la croix. Tous ces qualificatifs défient nos conceptions terrestres de l’autorité attribuée aux tenants du pouvoir : les rois ou reines, les empereurs ou seigneurs, les princes ou princesses, les émirs ou sultans, les souverains ou dictateurs, les chefs d’Etat ou Présidents…

En cette solennité du Christ Roi, la scène du « jugement dernier » nous est proposée pour nous encourager à toujours « proclamer un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes » (1 Co 1,23). Oui, dans un monde où le pouvoir est démesurément exalté, dans un monde où « les chefs des nations commandent en maîtres et les grands font sentir leur pouvoir » (Mt 20,25), il est nécessaire de préciser la nature de la royauté du Christ. Car, il est ce roi qui propose et non qui s’impose ; il est ce roi qui élève et non qui écrase ; il est ce roi qui sert et non qui se fait servir ; il est ce roi qui veille pour que rien ne manque à son peuple et non qui fait monter la garde pour que rien ne menace sa sécurité rapprochée. Il est ce roi qui meurt sur la croix en se sacrifiant pour tous les hommes et non qui sacrifie ses sujets en se sucrant au détriment des pauvres.

Au sens biblique et liturgique du terme, la royauté du Christ est d’abord et avant tout celle du berger, du roi-serviteur, comme nous le rappellent le prophète Ezéchiel et le psalmiste dans les lectures du jour : « Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées » (1ère lecture).

Etre sous les ordres d’un tel roi nous engage à l’imiter dans le service des autres pour construire chaque jour avec lui par nos œuvres de miséricorde, ce royaume d’attention et de compassion aux plus démunis, ce royaume « de vie et de vérité, de grâce et de sainteté, de justice, d’amour et de paix » (préface). C’est à ce prix seulement que la joie du Royaume sera notre part d’héritage, quand nous entendrons le Christ nous dire au dernier jour : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, j’avais soif, j’étais un étranger, j’étais nu, j’étais malade, j’étais en prison... et vous vous êtes donnés de la peine pour moi ».

P. Urbain KIENDREBEOGO